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 Something in the way she moves

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MessageSujet: Something in the way she moves   Dim 2 Fév - 19:41

Quelle belle matinée… L’humidité ambiante, la brume environnante, la rosée persistante… La plupart des lumières des chambres de l’internat n’étaient pas encore allumées, laissant reposer en paix cette incroyable bâtisse, vestige de l’époque des rois. Il y baignait une atmosphère étrange, comme si le monde entier était endormi et que j’étais le seul encore en vie.

  Il était six heures du matin, j’étais allongé dans l’herbe verte du parc de Nobilia, en regardant le ciel brumeux, mes écouteurs d’iPod à fond dans les oreilles avec la voix de Sting qui chantait ‘Every Breath You Take’. Cela faisait longtemps que je n’avais pas senti l’odeur du gazon. Il faut dire qu’à Paris, il n’y avait pas beaucoup de verdure. Certes, il faut avouer que je n’étais pas le genre de personne à sortir avec ses amis pour passer un après-midi au soleil dans un parc. Mais je n’avais jamais remarqué le calme que l’on pouvait y ressentir lorsqu’on y passait du temps.

  Je me sentais dans un état second, laissant libre court à mes pensées. Mais à chaque fois, la même phrase revenait dans ma tête : « Tu feras ce que je te dirai de faire, que cela te plaise ou non ! Je suis ton père, et c’est mon devoir et même mon droit de te donner l’éducation que tu mérites ! ». Mon père. Probablement la seule personne que je déteste encore plus que moi-même. A cause de lui, je me retrouvais dans ce lycée huppé, où je me sentais autrement plus mal que lorsque j’étais au collège. Il n’y avait ici que des riches, ou des personnes de haute naissance. De haute naissance, pensai-je tout en grimaçant. Cela ne veut plus rien dire maintenant, on n’est plus au XVI siècles ! Nous sommes en démocratie !

  Et que dire de ma mère, celle qui ne m’a pas défendu, qui s’est écrasée sous l’autorité de mon père… Elle n’y était pour rien, et pourtant je ne pouvais m’empêcher de me dire que c’était aussi de sa faute.
Déprimé, je me mis en tailleur en m’aidant de mes coudes, pour regarder en face de moi. Mon regard vide se baladait, fixant pendant plusieurs secondes des éléments environnants.

  J’entendis derrière moi le gravier qui crissait. Quelqu’un, à cette heure-là ? pensai-je en fronçant les sourcils. Je me retournai lentement, et je vis une jeune femme qui marchait dans une des allées de l’école. Que faisait-elle ? Elle marchait bizarrement, comme si elle tâtait le terrain à chaque pas. Je ne la distinguais pas très bien de loin, néanmoins je pus remarquer qu’elle possédait de long cheveux châtain, mais également qu’elle était très bien habillé. Encore une de ces bourgeoises, fille à papa, me fis-je avec dédain. J’hésitais à aller à sa rencontre. Après tout, sa présence m’intriguait au plus au point. Et plus elle s’approchait, et plus je me dégonflai. Oui, le contacte avec d’autres personnes n’a jamais été mon fort. Timide de nature, il m’était inconcevable que des gens puissent me reconnaître et s’écrier : Hé, salut Louis, ça va ? Je la fixai toujours, mais un détail me tracassait. Elle s’approchait de moi, mais n’avait pas l’air de me voir. A moins de dix mètre, elle était toujours sur le sentier et semblait se diriger vers un autre bâtiment. Me disant que je n’avais rien à perdre, je me levais et dit avec fébrilité :

-Heu… Salut, ça va ?



[HS : Bon ok niveau originalité on repassera hein xD]


Dernière édition par Louis FREGE le Lun 3 Fév - 22:18, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Something in the way she moves   Lun 3 Fév - 0:47

explain me the reason why i'm so much in pain

Prendre un petit déjeuner comme tous les autres. Penser aux mêmes choses comme tous les matins depuis deux semaines. Croire aux mêmes espoirs comme toujours. Je me sens vide. Il y a de quoi devenir aliéné. Tasse de thé entre les mains, je fixe intensément la table, toute seule dans mon coin. Être toute seule, c'est ce que je désire. Que l'on ne me dérange pas. Heureusement, ça ne risque pas de se passer dans ma chambre. Non seulement je suis la seule à l'occupée, mais en plus on m'évite comme la peste, alors pour vous dire... Mais ce n'est pas si mal, non? Sourire. Je me frotte le front de quelques doigts et me redresse, prenant bien soin en plus de me manger le coin de la table en voulant tourner dans la pièce d'à côté. On dirait que la chance est toujours là, incroyable. Un feu m'anime. Je me mets plus facilement en colère que d'habitude. Je m'enflamme bien plus vite. On me perd au bout d'une heure de cours. Limite si ça ne serait pas barbant à la longue. Mais qu'est-ce qui m'arrive? Je vais devenir folle. Aymeric a bien vu que je n'allais pas bien en ce moment, bien que je fasse tout mon possible pour ne rien laisser paraître. Être abattue reviendrait à donner raison à monsieur et je ne veux surtout pas ça. Me rabaisser à un tel monstre, hors de question. Cet imbécile. Cet idiot. Ce Vadim. Son prénom résonne en boucle dans ma tête et je finis par fermer les yeux en cours de route, me crispant. « Tu me dégoûtes! » c'est vrai? Alors c'est vraiment vrai, je te répugne tant que ça? « Tu me dégoûtes! » oh oui, tu n'as pas l'air de me mentir. « Tu me dégoûtes! » ... et toi tu m'exaspères. Répulsion. Je t'exècre. Je te méprise. A cause de toi je ne fais pas bien mes nuits, passe la plupart de mon temps à me renfermer. Tu n'es qu'un monstre. Il est actuellement cinq heures trente du matin. A partir du moment où nous sommes fin septembre, il doit faire sombre dehors. J'ai besoin de prendre l'air. De toute façon, il ne peut rien se passer dans l'enceinte-même de Nobilia, c'est très sécurisé. Et puis, à supposer qu'il se passe quelque chose, peu de monde pleurera ma perte donc ça me convient. Il faut juste que je prenne le temps de me doucher et de m'habiller -ce qui sans mentir devrait me prendre un bon gros quarante minutes-. Saloperie. La seule bonne nouvelle de ces derniers jours? Je n'ai plus mes béquilles et ça ma foi, ça fait plaisir. La robe devrait aller à merveille. La veste aussi. Pas envie de me fatiguer à chercher quoi que ce soit. Si je dois chopper la crève, je chopperai la crève, tant pis. Une fois de plus ou une fois de moins, qu'est-ce que ça change? Mais tout ça c'est encore de sa faute. Des heures à chercher pour retrouver mon chemin, totalement désorientée. Sans canne. Sans rien. Sans personne. Juste lui en train de courir comme un gros dératé pour sauver son égo. Juste lui et ses larmes à n'en plus finir. Un rhume. Un ultime rhume qui me coûte encore en médicaments aujourd'hui et qui me pousse par moment à renifler. Non mais de toute manière, ce mec est un déchet, un vrai boulet et un fardeau. J'aimerais qu'il cesse de jouer l'innocent.

Echarpe autour du cou et bottines aux pieds, je quitte tranquillement la chambre, prenant cette fois-ci le soin de bien fermer la porte derrière moi, fourrant ensuite les clefs dans mon sac. J'ai pris ma canne aussi. Depuis l'accident en forêt, elle ne me quitte plus. L'air au dehors se fait tendre et un peu frais, mais rien de bien méchant. Vadim. Je secoue la tête, me chassant ce prénom de la tête. Pourquoi est-ce qu'il me hante tant? Est-ce que c'est parce que je n'ai pas eu le temps de m'exprimer clairement suite à ce qui s'est passé? Est-ce que c'est parce qu'il est parvenu à me déstabiliser avec toutes ses insultes? Mais pourquoi au juste? J'avance dans la nuit noire, l'esprit toujours ailleurs. Il faudrait que je gagne le bâtiment cinq pour aller me mettre dans un petit coin paisible où normalement personne ne s'installe. Il pourrait s'excuser que ça ne ferait rien face à tout ce qu'il a pu me dire. Il pourrait même s'agenouiller. Qu'il crève. Sors de ma tête! « Je n'arrive pas à croire que j'ai pu embrasser une con***se pareille. Tu penses qu'un petit vicomte serait facile. Embrasser une con***se pareille. Tu es la pire de toute. Il avait déjà tellement envie de partager ton plumard. » je suis la pire des salopes, c'est ça? Peut-être bien en fait. Dans ce cas, mieux vaut que j'évite encore plus les gens que d'habitude. Tu te rends compte que tout ça c'est à cause de toi, pas vrai? Je suis certaine que dans ton coin tu jubiles comme un grand malade que tu es. J'entre maintenant dans le parc, me maudissant intérieurement d'être passée par là. Quelle idée aussi de mettre une si grande distance entre ces fichus bâtiments. « Tu es vraiment la pire de toutes. » quatorze jours. Quatorze putains de jours que j'entends cette voix sans cesse dans ma tête. J'ai beau essayer de penser à autre chose, ça ne fonctionne jamais. J'ajuste mon sac et tâtonne encore vers l'avant avec la canne, remarquant par la même occasion que distraite comme je suis, j'ai failli me prendre les pieds dans un cordage qui traine mystérieusement dans le coin. Le sort s'acharne contre moi je vous dis. Il ne manquerait plus que- « Heu… Salut, ça va ? » ... la voilà la énième catastrophe. Je n'ai jamais autant pété la forme, quelle question! La voix vient de ma droite et je me tourne dans cette direction, impassible, inexpressive. Encore une rencontre qui va mal tourner, c'est ça? Une parmi tant d'autres. Pourquoi est-ce que je les attire à ce point? Il n'est pas très loin et pourtant, je marque un pas de recul, ne voulant pas qu'il soit trop près. Que lui répondre? Non. La vraie question est: faut-il que je réponde? « Bonjour. » un bonjour plutôt expéditif c'est vrai, mais je n'ai certainement pas envie de discuter pour le moment. Qu'on me fiche la paix. Il n'aurait pas dû m'aborder. « A quoi est-ce que tu t'attends au juste? Que je te dise que je vais bien et que la vie est belle? » un sourire narquois déforme mon visage et je laisse le sac m'échapper des mains, ainsi que la canne. « Est-ce que toi aussi tu vas me faire la morale et me traiter comme la pire des connes? C'est lui qui t'a tout raconté, c'est ça? J'aimerais juste qu'on me foute un peu la paix. » pourtant lui n'y est pour rien, pas vrai? Lui aussi va me prendre pour une malade. Lui aussi va me prendre pour une vraie assistée. Mais je n'ai besoin de personne et surtout pas d'un de ces hommes que je ne connais pas. Lui aussi me prendra pour une victime. Lui ne mérite pas ça. « Et toi, comment vas-tu? La vie est-elle belle pour au moins une personne dans ce pensionnat? » ma voix se fait un peu dédaigneuse au début mais se fait plus douce par la suite, légèrement cassée.

Je me baisse pour ramasser mes affaires et me redresse par la suite, lui tournant le dos. « Pourquoi est-ce que tu es déjà debout? Il est bien tôt pourtant. »
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MessageSujet: Re: Something in the way she moves   Lun 3 Fév - 19:42


Something in the way she moves
Louis FREGE & Cierra S. LINDNER





  Mais quelle idée j’avais eu… Un jour, il faudrait sérieusement que j’apprenne à la fermer. Pourquoi est-ce que j’avais fait ça ? A peine les mots étaient-ils sortis de ma bouche que je les regrettais déjà. Idiotie quand tu nous tiens… Maintenant qu’elle était plus proche de moi, je pouvais la dévisager de près. La discrétion n’avait jamais été mon fort, mais j’avais une sensation de… liberté ? Comme si je pouvais agir de la manière dont je voulais devant cette fille. Elle était plutôt jolie, sa manière de se tenir montrait une forte personnalité, mais son physique lui donnait un air de fragilité. Je décidai de m’arrêter là, elle pourrait me prendre pour un dérangé mental.

  Dès que mes mots eurent atteint ses oreilles, elle se tourna dans ma direction empreint d’un air vide et inexpressif, comme si elle se fichait de moi comme de sa première chaussette. Elle me lâcha un sec « bonjour » pour ensuite amorcer le pas et continuer sa route. A mi-chemin entre son pied et le sol, elle s’arrêta et prit un air énervé. Elle semblait vouloir s’expliquer. Je crus avec sottise qu’elle s’en voulait d’avoir été aussi expéditive. Mais il n’en fut rien. Sa jolie bouche se déforma et elle me lança d’un ton assassin :

« A quoi est-ce que tu t'attends au juste? Que je te dise que je vais bien et que la vie est belle? »

  Sur le coup, je n’ai pas réagi. Mon cerveau était comme paralysé, essayant tant bien que mal de décortiqué avec efficacité les phrases que mon interlocutrice, si charmante, venait de me balancer à la figure. Etrangement, comme à mon habitude -une mauvaise habitude soit dit en passant-, je ne m’énervais pas. Pire même, je restais de marbre. Depuis tout petit, j’avais l’habitude de recevoir des piques comme celle-ci, mais quelque chose ici ne tournait pas rond. Cette fille était bizarre. Elle s’en prenait à moi comme si je venais de tuer son poisson rouge qu’elle aimait tant et qu’elle avait appelé Bobby. J’ai toujours aimé le prénom Bobby. Peut-être était-ce dû au série télévisée américaine. Ou peut-être que je commençais à délirer. Arrête de penser à n’importe quoi Louis ! Mon moment d’absence passa comme inaperçu, et je ne saisis qu’un morceau de phrase de cette intrigante jeune femme :

«… qui t'a tout raconté, c'est ça? J'aimerais juste qu'on me foute un peu la paix. »

  Mais de quoi parlait-elle ? Après la surprise, l’incompréhension. J’avais l’impression d’être la mauvaise personne au mauvais moment. Vous savez, comme dans les films, quand un innocent dont on oublie tous l’existence à chaque fin de film, découvre qui est le tueur et qu’il se fait tuer par ledit tueur. Ses mots claquèrent avec violence dans ma boite crânienne. Elle venait de lâcher son sac –joli sac au passage, on sentait une certaine coquetterie- et sa canne. Une canne ? Une canne ? C’était étrange, elle n’avait pas l’air d’avoir des difficultés à se déplacer pourtant. Elle essayait surement de se donner un genre. De toute manière, toutes les filles de riches font ça. Entre celle qui possède le plus grand nombre de bagues aux doigts et celle ayant le plus grand nombres de tresses colorées, il fallait bien continuer sur cette lancée ! Et allez, moi qui pensais pouvoir passer une journée tranquille, s’était râpé ! me fis-je, tout en écoutant une petite voix dans ma tête qui me disait : tu l’as cherché espèce d’abruti !

  Et puis, raconté quoi au juste ? Je n’avais adressé la parole à la moindre personne depuis mon arrivée, alors je ne vois pas qu’est-ce qu’on aurait pu me dire, surtout sur elle. Remarque, on m’aurait peut-être dit que c’était la folle du lycée et qu’il fallait que je fasse gaffe. Cela m’aurait fait rire, et j’aurai envoyé paître ces personnes en leur disant que de toute manière moi aussi j’étais fou.

  Elle voulait la paix ? Très bien, il fallait le dire plus tôt au lieu de s’énerver comme ça ! La tête basse, je commençais à rebrousser à chemin, tout en marmonnant un vague « Désolé, bonne journée… ». Qu’est-ce que j’avais fait pour mériter ça ? Tous les malheurs du monde semblaient s’abattre sur moi ces temps-ci… Je relevai la tête, jetant un dernier regard vague vers cette fille qui me mettait mal à l’aise. Ce regard… Il semblait jetait des éclairs, mais ces éclairs n’avaient pas de direction précise… Comme si… Se pourrait-il que… Je fixais le sol, et vit la couleur de sa canne. Blanche. Un borborygme jaillit du fond de ma gorge, tandis que je réalisais ce qui se passait… Elle était donc… aveugle ?!

« Et toi, comment vas-tu? La vie est-elle belle pour au moins une personne dans ce pensionnat? » s’exclama-t-elle d’un ton sarcastique, avant que sa voix ne se brise et ne dévoile ne gentillesse que je ne connaissais pas.

  Je m’immobilisais, à la fois étonné et touché par ce revirement de situation.
Elle me demandait mon avis ? Que devais-je lui répondre ? Rester poli, lui dire ses quatre vérités, m’écraser ou avoir de la pitié ? Hum, je ne pense pas que ce genre de fille apprécie la pitié, surtout que si elle était réellement aveugle, elle devait avoir l’habitude. Et puis de toute manière s’était une fille comme les autres, peut-être un peu étrange sur les bords et qui avait sans aucun doute passée une mauvaise semaine, m’enfin. J’optais pour lui exposer ses quatre vérités, car c’est quand même vachement marrant :

« Comment je vais ? Et bien j’allais très bien avant de te parler en fait, oui c’est ça, ma vie était extraordinairement géniale avant que je ne fasse l’erreur de te parler… »

  Je n’arrivais pas à croire que j’arrive à m’exprimer aussi facilement devant quelqu’un. D’habitude, mes frasques finissent tout le temps par des grognements, comme un petit chien. Oui, un petit roquet énervé mais qui ne fait rien car il a bien trop peur. Le pire, c’est que je n’avais pas dit ça méchamment, je l’avais dit très calmement.
Devais-je continuer sur cette voie ou m’arrêter en si bon chemin ? Choix difficile, mais non pas dénoué d’intérêt… Conscient que mon audace risquerait de me jouer des tours, je décidai de rebrousser chemin :

« Je ne sais pas qu’elle est ton problème, mais sache que je ne suis pas comme tous ces idiots qui pensent être unique et aussi important que l’est leurs richesses ou leurs titres. Je n’ai pas choisi d’être là, et encore moins ce cursus. Alors je m’excuse si je t’ai dérangé dans ta route qui te mènera, ô combien je l’espère, vers des horizons plus radieux. Sur ce, bonne journée. »


Calme Louis, calmeeeee ! Ne la rend pas plus mal qu’elle ne l’est déjà, fit une petite voix au fond de mon crâne…


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MessageSujet: Re: Something in the way she moves   Mar 4 Fév - 0:59

pour le dehors, le dedans, pour l'après, pour l'avant

« Comment je vais ? Et bien j’allais très bien avant de te parler en fait, oui c’est ça, ma vie était extraordinairement géniale avant que je ne fasse l’erreur de te parler… » je suis malade. Mais qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez toi ma pauvre fille? Il est calme. Etrangement calme. Je n'ose plus parler. « Je ne sais pas quel est ton problème, mais sache que je ne suis pas comme tous ces idiots qui pensent être uniques et aussi importants que l’est leurs richesses ou leurs titres. Je n’ai pas choisi d’être là, et encore moins ce cursus. Alors je m’excuse si je t’ai dérangée dans ta route qui te mènera, ô combien je l’espère, vers des horizons plus radieux. Sur ce, bonne journée. » Bang Bang. Tu le sens bien passer le vent, là? Il fait demi-tour pas vrai? Je baisse la tête. Lui aussi me laisse tomber. Je n'ai pas été tendre c'est vrai, mais... mais ce n'est pas ce que je voulais. J'en ai assez. J'en ai marre. Il s'est transformé en véritable obsession dans ma tête. Je n'ai pas à me sentir coupable, c'est lui qui a dit toutes ces mauvaises choses pourtant. Pourquoi devrais-je me mettre dans des états pas possibles alors que... alors que...- ah non. Pas les larmes. Pas encore. Pas maintenant. Je me sens le coeur serré. Tout me revient. Tout ça, je ne l'oublierai pas. Ma gorge se contracte tandis que je tente de prononcer quelque chose. Petites perles deviendront gouttes. Le moindre petit mot devrait suffire. « Tu n'y es pour rien, c'est vrai. Tu n'y es pour rien. Tu n'as pas à supporter la peine des autres. Je comprends. J'aurais fait pareil de toute façon. Je suis une idiote. Une vraie idiote. » la tête toujours basse, je parle à mi-voix. « Moi non plus je n'ai pas cherché à venir ici. Je n'ai pas cherché à me retrouver parmi ses gens sans vergogne. On m'a forcée. Tous ces vicomtes et autres dérangés me donnent la nausée. » ... on ne sait à qui la faute. Je fais un pas vers l'avant. Bang Bang. « Ne pars pas. » pourtant il s'éloigne, je le sais bien. « ... s'il te plait. » les larmes coulent maintenant sur mes joues. Trop de jours à ne pas dormir. Trop de jours à ne pas manger normalement. En plus de ça, il n'y a pas que Vadim qui me tourmente: Aymeric y est pour quelque chose aussi. Tu m'as tuée. Bang Bang. Les sensations tournent, s'entremêlent et se bousculent dans mon esprit, me donnant le tournis. Tu m'as quittée. Depuis combien de temps avons nous repris les cours? Quel mois sommes-nous? « Je me sens le coeur tellement serré... » Je me frotte la tempe, me maudissant de ne rien discerner à cause de ces yeux défaillants. Déglutissant, je passe une main dans mon sac, ayant encore bien conscience de l'avoir sur ma droite. Mon téléphone. Il faut que je trouve mon téléphone. Il faut que je fasse vite pour prévenir Aymeric. En plus de ne rien voir, l'ouïe me fait défaut. Mes sens me font faux bond. Le toucher s'évapore à son tour. « Nous ne demandions rien de plus qu'un moment de répit... un seul petit moment de bonheur... S'il te plaît, aide-moi au moins à trouver ce que je cherche... aide-moi à y voir plus clair... s'il te plait... »


C'est fou comme c'est étrangement vide dans ma tête actuellement. Mes pensées-mêmes me semblent incohérentes. Corps lourd. J'affiche un dernier et tendre sourire, avant de tituber vers l'avant, le visage trempé. Le sac tombe et se déverse à mes côtés, tandis que mon corps suit la même trajectoire. Tu me visais droit au coeur. Y-a-t-il encore quelqu'un dans les environs? Ne s'est-il pas enfuit en me voyant dans cet état? Je l'ai bien cherché. Je n'ai que ce que je mérite. J'ai percuté le sol, c'est certain. « Fais-moi confiance. » entendre son rire. « Arrête ! Je vous ai vu ! Un ami ne ferait pas ça !! » entendre sa désinvolture. Je vole en éclats. « J'ai tellement mal au crâne, aide-moi à y voir plus clair... » je comprends maintenant cet état de torpeur qui était sien. Le pire est encore cette impression d'être à demi entre le conscient et l'inconscient, chercher à bouger sans pour autant y parvenir. Ce garçon. Ce garçon, pour qui va-t-il me prendre? Je me suis rêvée si forte, si déterminée que me voilà au plus bas. A trop en vouloir on finit par ne plus pouvoir sortir la tête de l'eau. Je ne veux pas aller à l'infirmerie. Pas une deuxième fois. Le pire c'est que si ça se passe réellement comme ça, le schéma se répète. C'est comme avec Vadim. « Pas l'... infirmerie... » c'est tout ce que je parviens à articuler. J'ai l'impression de quitter le sol, me sentant soudainement plus légère. Mon bras ballote et j'entends ce qui se passe autour de moi. Ce vent léger qui effleure mon visage. « Et le pire dans toute cette histoire... » je n'arrive pas à ouvrir les yeux. Un frisson me traverse, me frustrant car étant dans l'instant incapable de frissonner. « ... c'est que je ne connais même pas ton prénom. » un petit soupir s'échappe des mes lèvres, tandis que je me sens un peu moins engourdie. « ... Vadim... » si ça se trouve en plus, je ne parle même pas à la personne à laquelle je pense. Je ne sais vraiment pas si c'est le garçon de tout à l'heure qui m'aide. Il y a une voix qui s'adresse à moi c'est certain, mais elle est comme voilée, comme perdue dans le lointain. Est-ce que je suis morte? Non, sans doute pas: même la mort serait plus agréable. Bang Bang. Des ressentis désagréables me traversent la tête, tandis que je me crispe, en perte totale de repère. « Ne me laisse pas tomber... » je sens mes mains qui s'agrippent, sans que je sache réellement comment. « ... je ne veux plus entendre tout ça... » « Tu es dégoûtante Cierra, le sais-tu seulement, ça? Père et mère regrettent le t'avoir mise au monde, car tout au long de ta misérable vie, tu ne seras qu'un fardeau pour eux. Une sempiternelle ressource d'ennuis. Un trou sans fin. Et vu ton caractère de chiotte, je mets fort à parier que tu ne trouveras jamais quelqu'un avec qui être bien. Tu seras seule Cierra. Toujours seule. Erreur de Mère-Nature. Pauvre petite chose insignifiante. Regarde dans quel état tu es. Mes paroles te blessent sans cesse pas vrai? Tu ne montres rien à père et mère, mais pourtant le malaise est bien là. Tu es ridicule ma pauvre fille. Déchet. » cet oiseau de malheur, je le mets en cage et je le fais chanter, moi. Désolée, je n'ai pas de ticket et impossible d'échanger ma vie à un quelconque accueil. Les paroles d'un frère dédaigneux sont parfois plus blessantes encore que toutes les autres. Ce sont des mots qui restent gravés dans votre mémoire et qui ont l'audace de venir vous hanter lorsque vous présentez un moment de faiblesse.
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MessageSujet: Re: Something in the way she moves   Mar 4 Fév - 22:23


Something in the way she moves
Louis FREGE & Cierra S. LINDNER








Tourmente infinie, sensations désagréables, je ne pouvais que le sentir. Douleur insoutenable, je ne pouvais qu’affirmer. Je la voyais, tel que l’on voit sa main lorsque l’on écrit sur une feuille de papier. Je la voyais, comme on voit l’horizon en tout temps. Et j’avais mal. Ce n’était pas une douleur commune, je n’étais pas préparé à cela. Mais de toute manière, qui l’aurait été ? Sommes-nous prêt lorsque l’on apprend la mort d’un membre de sa famille ? Bien sûr que non, et c’est normal. Et bien en cet instant précis, devant cette fille à l’air perdue, mes défenses se brisent. Elle baisse la tête, fatalement, elle reste silencieuse mais moi j’entends son cri de détresse. Je ne souhaitais plus m’en allait, je ne me pouvais me résoudre à la laissait là. Hésitation. C’est étrange comme 2 secondes peuvent en paraitre 1000. Chaque instant se greffe dans ma mémoire. Je n’oublierai pas. Je n’oublierai pas sa gorge qui se tend, son regard fuyant. Je n’oublierai pas son corps tremblant ainsi ses cheveux flottant. Plus que tout, je ne l’oublierai pas. Battement de cœur qui se fige. Douleur insoutenable qui continuait, encore et encore, me consumant l’esprit. Il fallait que je sorte de ma torpeur, il le fallait pour que je reste entier. Papillon de nuit qui adule la lumière mais qui s’y brule les ailes. J’entends à peine sa voix, son envie de s’exprimer. Qui s’écroule dès les premiers mots. Je la fuis. La regarder me fait mal. Je ne savais pas qu’une personne pouvait autant souffrir. Souffrir de quoi ? Que Dieu lui-même me le dise s’il le savait. Mais c’était une vérité dont je ne pouvais fuir l’authenticité. Je remarque à peine les larmes qui commencent à couler de ses yeux. Ruisseau qui deviendra torrent.

« Tu n'y es pour rien, c'est vrai. Tu n'y es pour rien. Tu n'as pas à supporter la peine des autres. Je comprends. J'aurais fait pareil de toute façon. Je suis une idiote. Une vraie idiote. »

Etonnement. Plus de force et de conviction qu’au premier jugement. Courage, je suis là. J’aurai voulu le lui dire, mais je n’osai pas. Je ne la connaissais pas, elle débarquait dans ma vie et pourtant, c’est comme si tout était clair. Ne dis pas des choses comme ça, tu te tues. Sa peine devenait mienne. Et pourtant… Je sentais une barrière. Son esprit n’était pas ouvert. Elle était bloquée devant un mur de granit infranchissable et indestructible. Aucune faille ne s’y trouvait.

« Moi non plus je n'ai pas cherché à venir ici. Je n'ai pas cherché à me retrouver parmi ses gens sans vergogne. On m'a forcée. Tous ces vicomtes et autres dérangés me donnent la nausée. »

Symétrisme. Nous suivons des routes communes, s’était évident. Adjacente, cela l’était moins. Elle me comprenait. Elle savait. Je m’étais trompé, et je m’en voulais. Quelle stupidité. Pis, je m’étais fourvoyé. Erreur impardonnable, elle semblait pourtant compréhensive. Mais perdue.
Elle avance. Elle n’est pas sûre d’elle. Ses jambes sont prêtes à fléchir, je le sens. Partir ou rester. Curieux dilemme.

« Ne pars pas... s'il te plait… »

Mon choix fut vite pris. Je ne pouvais la laisser là. Je jouai à un jeu dangereux, semé d’embuches… Mais il le fallait. Elle avait besoin d’aide. Mes problèmes devaient rester de côté. Je n’ai jamais été méchant. Certes il m’arrivait de m’énerver, mais c’était de bonne guerre.
Elle vacille, elle se frotte la tempe. Elle cherche à l’intérieur de son sac. Et tout bascule. Sens propre et figuré. J’étais à moins de 3 mètres, mais mon saut sans élan n’eut aucun mal à la rejoindre. Je la retins in extremis. Gentleman que je suis.
Puis elle bascule dans la folie.

« Nous ne demandions rien de plus qu'un moment de répit... un seul petit moment de bonheur... S'il te plaît, aide-moi au moins à trouver ce que je cherche... aide-moi à y voir plus clair... s'il te plait... »

T’aider me tuerai, mais j’essaierai. Je ne lâche jamais les gens. Compte sur moi. Je décide de me diriger vers l’infirmerie. Je ne savais que faire dans une telle situation et je n’étais pas médecin. Elle dit des mots. Je ne les comprend pas. Elle est affaiblie, les ténèbres s’emparant d’elle. Pourtant elle s’accroche. Je courrai, ou plutôt essayait. Dur tâche que de porter une jeune femme sombrant dans le désespoir. Nous étions les seuls debout à l'internat. Nous traversâmes l’école de son long. Maudite soit l’infirmerie, et maudit soit ce lycée.

« Pas l'... infirmerie... »

Je grimaçais. Que faire dans une telle situation. Pas de préparation. La panique me gagne. Devais-je suivre la voix de la raison ou celle du cœur ?
Mon choix était fait. Je la portais tout le long du parc, en sens inverse, et je l’allongeai délicatement sur la pelouse encore humide de la rosée matinale.

« Reste avec moi. Je veux t’aider, et je le peux »

Ma voix n’était plus la même. Plus douce. Elle tombe dans les pommes. J’attends. Une heure, peut-être deux. Mais je reste, assis à côté d’elle, le temps qu’elle se réveille. J’attendrais. Puis elle ouvre les yeux. Sourire.


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MessageSujet: Re: Something in the way she moves   Mer 5 Fév - 22:55

au gendarme et au voleur, tu me visais droit au coeur

« Reste avec moi. Je veux t’aider, et je le peux. »  cette voix. Cette douce voix. Ouvre les yeux ma petite Cierra. Parfois, j'ai le sentiment que mon coeur va déborder. Pourtant, c'est une impression de douceur qui s'empare de mon être, réveillée par cette douceur non-suspectée. Depuis combien de temps sommes-nous là? Où sommes-nous? Ma main droite vient caresser l'herbe. Nous devons encore être dans le parc. « Nous sommes toujours au parc? » je me redresse très lentement, craignant d'à nouveau défaillir. Cette voix. C'était bien celle du garçon qui m'a interpelée tout à l'heure, non? Soucieuse, je tends une main sur le côté. Non, pas la gauche. Il n'est pas sur la gauche. Donc sur la droite alors, forcément. J'attrape un bras et y reste accrochée un peu, reprenant pieds avec la réalité. Je ne sais quoi dire, totalement confuse de cette situation. Se montrer faible à une personne que l'on ne connait pas est toujours une épreuve lorsque l'on reprend connaissance. « Merci d'être resté et de m'avoir aidée malgré mon manque de gentillesse. » je sens mes joues atteindre une chaleur dérangeante. « Ne va pas pour autant te prendre pour un héros. » parce que ce ne serait pas fun d'oublier d'ajouter une petite pointe désagréable. Je reste de longues secondes à le fixer cherchant à lire en lui autrement que par la vue. « Mon sac... est-ce que tu as pensé à récupérer mon sac? » c'est qu'il est de valeur et qu'il contient certains de mes papiers, alors le perdre serait plutôt... comment dit-on déjà? Ah oui: catastrophique. Je penche la tête, sursautant en entendant des bruits de pas précipités. Hum?

« Cierra! » Aymeric. Je frissonne et roule sur le côté, voulant me réfugier derrière le dos de l'inconnu. Bien entendu, seule ma tête passe par le petit trou sur le côté, créé entre son bras et le tronc de l'arbre. S'il me voit avec un autre garçon, il va penser que- « Cierra, est-ce que tout va bien? Je m'inquiétais, j'ai trouvé tes affaires un peu plus loin. » mes cheveux se dressent lorsque je constate le blanc qui s'installe par la suite. Je ne veux pas qu'encore une fois ça dégénère. Je ne veux plus parce que ça me gêne réellement. « Que lui as-tu fait? »  et voilà, c'est repartit. Je resserre la mâchoire, pensant être maudite. Pourtant, c'est un tout autre dialogue qu'il entreprend. Il est souriant, je le sens. Il est agréable. Il est... il est comme au départ. Plus d'agressivité, plus de médisance. Juste lui. « Moi c'est Aymeric, son meilleur ami. » une main se tend -je le sens, elle fouette limite l'air-. Pendant ce temps, je me redresse de cette position peu normale et reste dans mon coin sans bouger. « Enchanté de faire ta connaissance. » il marque une courte pause. « Par contre, comment as-tu connu Cierra? Enfin je veux dire... comment se fait-il que vous soyez tous les deux dehors et que vous soyez si... proches? » je me redresse un peu plus, commençant à me lever. Il faut que je le coupe. Si jamais l'autre garçon dont je viens d'oublier le nom à la seconde parle, alors c'est la fin du monde pour moi, il ne me lâchera définitivement plus. « Il... il m'apprenait la relaxation. C'est tout. » je ne veux pas qu'il me force à aller à l'infirmerie. « La relaxation? Vraiment? » je sens comme une raillerie dans sa voix. « C'est vrai que ces derniers temps tu es fort sur les nerfs et stressée, je n'aime pas te voir comme ça. » ... et c'est lui qui a le culot de dire ça en plus.

« Merci beaucoup pour elle, elle en avait grandement besoin. Et sinon tu es en quelle classe? » ces échanges charmants me plaisent et je m'apaise, allant me placer à ses côtés, lui m'accueillant à bras ouverts et me chuchotant un très tendre « Laisse-moi te soulager... » je frissonne et me place juste devant ses jambes, s'installant derrière moi et se mettant à me... masser le dos? Je cligne des yeux mais me laisse faire, ronronnant presque. « Alors Louis, que fais-tu de beau ici, dans ce pensionnat? Tu appartiens à une classe sociale particulière? Quelles sont tes activités? » pourquoi se montre t-il si bavard et si curieux envers lui? Je redresse la tête pour pose l'arrière de mon crâne contre son épaule, voulant comprendre. « Désolé, tu dois me trouver bien curieux. Ne te sens pas obligé de me répondre surtout, j'aime juste en savoir un peu sur les fréquentations de Cierra tu comprends... j'ai toujours peur qu'elle tombe... sur des personnes peu fréquentables. » l'une de ses mains en plein massage fait un mouvement un peu plus appuyé que les autres au moment où il prononce cette phrase. Je sursaute. « Aïe hey, ça fait mal! » je grimace et défais sa main maladroite. « Fais-moi des tortillons dans les cheveux, ça m'empêchera de tout sentir sur les épaules. » mes yeux se plissent tandis qu'Aymeric reprend déjà la discussion. « Je me demande s'il va faire beau aujourd'hui... que dirais-tu de venir prendre une glace avec moi et Cierra tout à l'heure? » -que...? Une glace? De ce temps là? « En fait, ça me ferait vraiment très plaisir. » je suis plus que surprise: pourtant il sait bien que je suis encore malade. « Cie'... tu devrais retourner dans ta chambre avant de tomber encore malade, ou au moins mieux te couvrir. » répondre tac-o-tac. « Je me fous d'à nouveau tomber malade. » « Oh. Ta canne. J'ai oublié de te rapporter ta canne. Tu devrais aller la récupérer. » je hausse un sourcil. « D'accord, mais oriente moi au moins. » il me force à me lever et me pousse légèrement dans une direction en m'indiquant que c'est par là, retournant directement à Louis. « Cierra... » il regarde vers l'arrière, attendant que je me sois suffisamment avancée à l'opposé. « ... ne parle à personne en général. Je te conseille de m'expliquer ce qui s'est passé avant que je ne perde patience. Que lui veux-tu? » sa voix se fait un peu moins sympathique pour le coup. L'air menaçant et surplombant Louis de sa grandeur, lui qui est installé sur l'herbe. De mon côté je cherche, tâtonnant un peu. « Je ne la trouve pas. Aymeric, tu es sûr que c'est par là? » « Oui. Cherche bien. » cette parole s'accompagne d'un foudroiement du regard pour le pauvre Louis qui n'avait sans doute pourtant rien demandé ce matin en se levant. « Je n'aime pas du tout ce jeu, ce n'est pas drôle. » un petit rire nerveux s'échappe des lèvres de mon meilleur ami et je me fige. « Elle est adorable... n'est-ce pas? »
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MessageSujet: Re: Something in the way she moves   Ven 7 Fév - 22:30


Something in the way she moves
Louis FREGE & Cierra S. LINDNER






Ces quelques heures passées près d’elle me firent le plus grand bien. Je n’aurai pu décrire le sentiment qui me possédait. Scindé en deux partie, mon cœur était à la fois lourd d’angoisse, mais également léger comme l’air. Le doute persistait, mais j’étais néanmoins persuadé qu’elle s’en sortirait. Elle avait en elle une force de caractère incroyable, il fallait être aveugle pour ne pas s’en apercevoir. A ces pensées, j’émis un petit sourire en coin. Première fois de ma vie que j’avais affaire à une personne aveugle, et c’était sans aucun doute la rencontre la plus mouvementée. Je m’étirai, et m’allongea dans l’herbe, près d’elle, en reprenant mon observation du ciel. La brume s’était levée depuis, et on pouvait apercevoir quelques nuages menaçant au loin.
Je sens de l’agitation près de moi, la main de cette enivrante fille venait de caresser avec délicatesse l’herbe tendre et verte du parc.

« Nous sommes toujours au parc? » me dit-elle d’une voix ensommeillé, tout en se redressant lentement, avec la grâce que j’avais déjà remarquai qui lui était propre.

« Oui, j’ai pris en compte ton choix de ne pas aller à l’infirmerie. » fis-je calmement avec un soulagement non dissimulé, tout en me redressant à mon tour.

Je la regarde. Non, je la dévisage. Elle a son air perdue, le même que lors de son évanouissement. Je peux désormais voir chaque cellule de son être. Peau blanche, teint diaphane, cheveux long de couleur châtain, qui n’était pas coiffé mais dont la chevelure avait l’air de vouloir toujours se positionner de façon idéal pour la mettre en valeur.  Une beauté sans nom. Pourtant, ce n’était pas la beauté qui m’attirait chez elle. Non, c’était son… aura. Une aura blanche, aussi pure que les neiges éternelle du Kilimandjaro. Sa fragilité également, qui nous donnait le sentiment de devoir la protéger en tout temps, ce qui, pensai-je intérieurement, était inutile étant donné le caractère de cette dernière.

Elle tend une main sur sa gauche, à l’opposé de moi, émet un petit soupir et tend son autre main en ma direction. Elle la pose sur mon bras gauche, et je ressens comme l’effet d’un taser  dans mon corps.
« Merci d'être resté et de m'avoir aidée malgré mon manque de gentillesse… » dit-elle dans un souffle, d’une voix chevrotante, avant de se reprendre :

« Ne va pas pour autant te prendre pour un héros. »

Bien sûr, j’aurai du me douter qu’elle restait agressive et prudente. Ce n’était pas comme si j’étais habitué à ce que les gens me dénigrent.

« Loin de moi cette idée. Je voulais juste t’aider. »

Touché. Elle savait ce qu’elle m’avait dit auparavant. Elle ne pouvait donc rien me reprocher. Je décidai de ne pas m’ouvrir complètement, il serait stupide que l’on me blesse. Au fil du temps, je m’étais fabriqué une carapace résistant aux coups dur.

« Mon sac... est-ce que tu as pensé à récupérer mon sac? »

Elle me prend par surprise. Paniqué, je regarde autour de moi. Le sac se trouvait la où mystérieuse fille avait fait son malaise. J’hésitais à prendre la parole, je ne voulais pas gâcher ce moment simple et unique à la fois. Comme pour me rendre fou, j’entendis des pas derrière moi. Qui osait interrompre le seul moment depuis que je venais d’arriver dans ce lycée qui avait un parfum d’agréable ?

« Cierra! » cria une voix de garçon. Je décidai de me retourner, histoire de ne pas être surpris. C’était un jeune homme, peut-être un peu plus âgé que moi. Il marchait d’un pas vif en notre direction, d’un air déterminé. Ainsi, la jeune femme s’appelait Cierra. Quel étrange prénom, à la hauteur de la personne qui le tenait, bien évidemment. Au même moment, la jeune fille roula sur le côté, et essaya de se cacher derrière moi, en vain, le jeune garçon l’ayant déjà vu.

« Cierra, est-ce que tout va bien? Je m'inquiétais, j'ai trouvé tes affaires un peu plus loin. » s’exclama le jeune homme d’une voix attentionné, avant de se retourner vers moi et de s’écrier agressivement : « Que lui as-tu fait? »

Hum. Mauvais départ. Toujours dans les coups les plus merdiques, me voici ici en face d’un gars plus grand que moi, plus baraqué que moi et qui m’avait l’air, ma fois, plutôt hostile à mon égard. Je décidai encore une fois de ne pas répondre, espérant que… Cierra prenne ma défense. Pourtant, je n’en eus pas besoin, puisqu’il changea complètement d’attitude et engagea la conversation :

« Moi c'est Aymeric, son meilleur ami. »

Très bien, je ne devais pas dire n’importe quoi devant lui, si je me prenais un poing dans la figure. Malgré sa gentillesse apparente, il y avait trop de signe qui se contredisait. Sa manière de dire qu’il était le meilleur ami de Cierra ne me semblait pas naturel, il semblait vouloir montrer que LUI avait gagné sa confiance et que moi je n’étais rien à côté. Complexe d’infériorité ? Il continua en me demandant comment nous nous étions rencontrés avec un regard inquisiteur :

« Il... il m'apprenait la relaxation. C'est tout. » s’exclama précipitamment Cierra, d’une voix trop saccadée pour espérer paraitre valide.

Néanmoins, il tomba dans le panneau assez facilement, trop facilement pensais-je.  Il commença à me parler, je ne répondais qu’à moitié, gardant mes distances. Je n’appréciais pas cet Aymeric, il ne m’inspirait pas confiance. Pourtant, Cierra se plaça contre lui et se laissa masser, totalement détendu. Elle lui faisait confiance. Et pourtant…
Il me propose désormais de prendre une glace avec eux plus tard. Une glace ? Par le temps qui s’annonce ? Plus mauvaise idée, je ne connais pas.

« Oh. Ta canne. J'ai oublié de te rapporter ta canne. Tu devrais aller la récupérer. »

Il savait qu’elle était déficiente, et il lui demandait de chercher une canne à plus de 30 mètres, alors qu’elle avait perdu ses repères ? Quelque chose ne tournait pas rond chez lui, un gentlemen lui aurait cherché.

« Cierra... ne parle à personne en général. Je te conseille de m'expliquer ce qui s'est passé avant que je ne perde patience. Que lui veux-tu? » me dit-il dans un chuchotement, l’air menaçant.

Bingo, j’étais tombé sur la personne qu’il ne fallait pas. Qu’avais-je fait pour mériter cela ? Bon okay, pas mal de choses, mais c’était du passé. Elle a du mal à la retrouver, et pour cause, il venait de l’envoyer dans la mauvaise direction consciemment. L’information arriva dans mon cerveau, et ce fut le déclic :

« Elle est adorable... n'est-ce pas? » fit-il avec un rire sadique, ses yeux criant de méchanceté.

« Et toi, tu es un parfait connard » fis-je du tac-o-tac, en essayant de ne pas sortir de mes gonds.

Une rage inhabituelle me hantait. Que lui voulait-il ? Pourquoi se comportait-il ainsi ? En quoi mener en bateau sa meilleure amie l’amusait ? Il s’arrêta de rire, et me décocha un crochet du droit puissant, me déstabilisant complètement.

« T’es malade ou quoi ? Tu te fiches de ton amie et tu viens me frapper après ? Va te faire foutre mec ! » m’écriais-je indigné, en le repoussant violement.

Sympathique tout ça, la journée promettait d’être interessante.




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MessageSujet: Re: Something in the way she moves   Sam 8 Fév - 15:22

tu t'amusais et je te suivais, bang bang!

« T’es malade ou quoi ? Tu te fiches de ton amie et tu viens me frapper après ? Va te faire foutre mec ! » il y a comme de l'agitation dans l'air et je me retourne brutalement, pensant être dans la bonne direction, tournée vers les garçons. « Est-ce que tout va bien ? » bien entendu que tout ne vient pas bien, il vient de se passer quelque chose, je suis certaine ! « Je t'interdis de l'approcher, tu m'entends? Je te l'interdis. Ce Vadim a déjà réussi à la faire souffrir, ce n'est pas pour qu'elle souffre une deuxième fois ! » il lui chuchote ces mots, ne voulant de surplus pas trop attirer l'attention -malgré la mandale monumentale qu'il vient de lui donner-. Pourtant, c'est son sang qui ne semble faire qu'un tour et le voilà qui attrape Louis par le haut de son haut. « Nan mais tu vas la fermer, oui ?! » mon coeur cesse de battre. Aymeric. Louis. Seraient-ils entrain de... non. Pourquoi? « Les garçons, arrêtez ! » je crois me précipiter, mais un tournis me reprend et je me stoppe dans ma course, totalement abrutie. J'ai tellement mal à la tête. Le simple fait de savoir qu'il y a du grabuge de l'autre côté du parc me fait encore plus mal au coeur. Et cette canne que je ne trouve pas. « Et il n'y en a pas un des deux qui viendrait m'aider ?! » calme toi Cierra. Calme toi, tout va rentrer dans l'ordre. « Vous m'énervez ! Je suis fatiguée de toutes ces histoires sans queue ni tête ! Je n'en peux plus ! » je craque une seconde fois, arrachant de l'herbe au passage et la jetant n'importe où. Je suis comme un oiseau mort. Pas vrai? « Bientôt je ne serai plus là et vous pourrez vous disputer autant que vous le voudrez ! » quitter cette école. Quitter cette école et ne plus jamais y remettre un pied. C'est ce que je veux. Sans plus réfléchir, je me mets à courir dans une direction que j'ignore, laissant sac et instrument derrière moi. Ils me fatiguent tous. Pas un pour rattraper l'autre. Pas un pour me comprendre ou me laisser profiter d'un après-midi ou voire même d'une matinée. Que leur faut-il?

« Cierra ! » sa voix me parvient à peine et je m'enfonce dans le parc. « T'es fier de toi espèce d'abruti ?! C'était vraiment indispensable de crier comme tu l'as fait ?! Eh bien vas-y maintenant. Vas-y, cherche la espèce de gros malin ! Vous ne cherchez tous qu'à profiter d'elle de toute façon ! » il lui relâche le col, partant déjà de son côté. « Je vais la trouver avant toi. Tu ne la reverras plus. Plus jamais. » il lui adresse un petit clin d'oeil avant de courir dans son coin. De toute façon il n'y a pas à se leurrer: une petite aveugle ne peut aller bien loin sans partenaire. « Tu n'as pas le courage de te confronter à moi, c'est ça? Dans ce cas, reste dans ton coin et observe. Tu es d'un pathétique. » un signe de la main presque amical en complément et il s'enfonce à son tour un peu plus dans le jardin. C'est qu'il y a des zones plus ou moins autorisées ou en cours de rénovation, donc il ne s'agirait pas que par mégarde quelqu'un tombe dessus ou se blesse.

C'est fichu maintenant. Il va vraiment me prendre pour la pire des filles lui aussi. Les larmes qui coulent à nouveau le long des joues, je continue de courir, bientôt à bout de souffle. Il faut que je fasse une pause. A peine cette pensée franchit-elle ma tête que mon pied se prend dans quelque chose et que je m'affale royalement, la tête la première dans un gros tas de feuilles. Je reste immobile, essayant de calmer mon rythme cardiaque et de reprendre mes esprits. Il n'y a pas bruit ici. Tout semble paisible. Ce n'est qu'une bonne minute plus tard que j'émerge et prends appui sur mes bras pour me redresser. Je tâtonne sur le côté pour voir s'il y a un arbre. Miracle. Sans non plus réfléchir d'avantage, je me laisse glisser tout contre le tronc, fermant les yeux et redressant la tête vers le ciel. Quelle vie. « Cierra ! » cette voix me force à me crisper et je me recroqueville sur moi-même, espérant ainsi qu'il ne me trouve pas. J'ai peur. « Cierra ! » je crois que la voix s'éloigne, mais je ne suis pas bien sûre. En réalité, il y a quelques jours que je ne suis plus sûre de rien. Le plus silencieusement possible, je me mets à ramper, sentant des buissons assez conséquents pas loin. Plus rien n'est pareil. « Cierra ! » j'y pense tous les jours. Je continue de ramper, sur les bras, salissant mes habits au passage avec la terre. Alors ça, ça n'a plus du tout d'importance. Je ne veux pas qu'Aymeric me trouve. Lui aussi hante mes esprits. Non, je ne veux pas. En plus de ça j'ai froid. Un petit soupir s'échappe de mes lèvres. Je tends un peu plus l'oreille, croyant entendre du bruit. En même temps, je suis certaine qu'un monstre pourrait se trouver à mes côtés que je ne m'en rendrais pas compte, à cause de cette faiblesse qui m'habite. La voix d'Aymeric ne me donne plus dans la tête et la pensée qu'il soit loin me réconforte. J'ai juste besoin d'une petite pause de quelques jours encore pour y voir plus clair. Juste besoin de ce silence que je réclamais ce matin. En récompense tout ce que je gagne de cette sortie c'est: un garçon qui va me trouver cruche et fragile au possible et un meilleur ami qui change et qui devient de plus en plus violent depuis la rentrée. Pourquoi ? Dites-moi que tout ceci n'est qu'un cauchemar et que je ne vais pas tarder à me réveiller.
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