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 Mangez, bougez, qu'il disait [Manon]

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MessageSujet: Mangez, bougez, qu'il disait [Manon]   Sam 22 Mar - 22:21


La motivation, c'est la clé. Et les Lachapelle n'en manquaient pas, quand ils voulaient quelque chose, ils l'obtenaient toujours. Sauf oncle Augustin qui voulait révolutionner le monde de la mode, mais qui a tellement peu de goût dans le choix des couleurs que je me demande parfois s'il n'est pas un peu daltonien sur les bords. Enfin, il faut bien une exception pour confirmer la règle, et puis moi, mes nouveaux objectifs étaient bien modestes, ce n'était pas comme monter à Paris avec une valise pleine de croquis de vêtements dépareillés. J'allais débuter ma carrière de sportive aujourd'hui même, devant vos yeux ébahis.

Le sport et moi, ce n'est pas une longue histoire, dans la famille on a d'autres priorités. Plus "intellectuelles" diront certains. Je ne sais pas si le crochet et les arrangements floraux sont vraiment fais pour les gens intelligents, mais bon, étant une fille, mes options étaient un peu limitées. Niveau sport, j'ai fais de la danse, ce n'était pas terrible, j'ai fais de la gymnastique et ce n'était pas mieux, et puis de l'équitation, un peu. La vérité, c'est que je ne peux même pas dire que je sais nager, je crois que "couler avec prestance" reprèsenterait mieux la triste réalité. Mais ce qu'il y a de bien, quand on part de vraiment très, très bas, c'est qu'on ne peut que s'améliorer.

Pourquoi cette soudaine motivation ? Je ne sais pas bien. C'est vrai que j'adorerais être plus grande, et plus forte, et plus rapide, et sauver des princesses, mais jusque-là je n'en avais pas rêvé suffisament fort pour me mettre à travailler. Jusqu'à aujourd'hui.

Enfin, cela fait déjà quelque temps que ça me taraude. Vous savez, le printemps est de retour, à peu près, alors je profite du moindre rayon de soleil pour aller m'installer dehors avec un livre, de la musique, ou des cours d'algèbre avancés – c'est plus amusant que les sudoku. Et c'est comme ça que je l'ai vue, plusieurs fois. L'une des gardes à l'air de pas mal s'entraîner, je trouve ça un peu curieux pour une fille, ou alors je n'ai pas l'habitude. En tout cas, elle a l'air très déterminée, elle me fait penser à Rocky, j'adore Rocky, j'entend presque la musique quand je la vois passer en courant. Alors c'est décidé, je vais m'y mettre aussi, après tout, ça n'a pas l'air bien sorcier quand on y regarde. Il suffit de mettre un pied devant l'autre.

Il est presque cinq heures du matin, ça doit bien faire une demi-heure que je regarde le plafond sans pouvoir fermer l'œil. J'ai envie de bouger, mais il est encore beaucoup trop tôt. Sur mon agenda, j'ai inscrit le jogging à six heures trente précise, sachant qu'à six heures vingt-cinq je dois commencer les étirements. Ensuite douche, petit-déjeuner, révision des verbes irréguliers et début des cours. Tout est parfaitement organisé.



J'ai fermé les yeux un instant, et quand je les ai rouverts, il était sept heures moins le quart et mon réveil hurlait en vain. Rah ! Pourquoi faut-il que j'aie le sommeil aussi lourd ? Je tatonne pour trouver la lumière, roule hors de mon lit et enfile en vitesse une tenue de sport achetée pour l'occasion. Tant pis pour les étirements.

Quelques minutes plus tard je trottine dans le parc, et je sens bien que les choses ne vont pas être aussi simples que ce que j'avais prévu. Au bout de quelques centaines de mètres, j'avais beaucoup trop chaud, en persistant un peu plus, je me retrouve à bout de souffle. Aurais-je raté quelque chose ? Je ralentis, et puis je ralentis encore. Un garçon me dépasse en marchant et je commence à me sentir un peu ridicule, mais je m'accroche. J'étais encore décidée à tenir, quand une douleur sur le côté de mon ventre m'arrêta net. Comme si c'était le moment de faire une crise d'apendicite, et en plus elle n'est même pas du bon côté ! Je m'arrête finalement sur le bord du chemin, essouflée, la main appuyée sur le point douloureux. Je crois que je n'ai jamais autant souffert de toute ma vie – mais je n'ai pas eu une vie très difficile, il faut bien avouer – et j'en étais à me demander comment j'allais pouvoir me traîner jusqu'à ma chambre, quand elle réapparut.

Pas une seule goutte de sueur, une respiration aussi calme que si elle était en pleine séance de méditation bouddiste, la surveillante passa devant moi au triple de ma vitesse minimum. Je n'en revenais pas, et me demandait un instant si elle parvenait à maintenir un visage impassible tout en souffrant le martyr à l'intérieur, ou si elle avait un autre secret.

« Ex… Excuses-m… »

Ma voix fut beaucoup plus faible que ce que j'avais espéré, et elle ne sembla pas m'entendre. N'écoutant que mon courage, ou ma folie peut-être, je me lançais à sa suite. Est-il utile de préciser que c'était sans espoir ? Je crois que j'ai presque atteint sa cadence, pendant environ trois secondes. Et puis la douleur dans mon ventre est remontée en flèche.

« S'il-te-plais ! »

Au moins, cette fois, j'étais audible. Je fis trois pas de plus avant de me plier en deux, une main sur le genou. Il me fallut plusieurs grosses secondes pour reprendre mon souffle.

« C-Comment tu fais ? Tu sais, pour… courir sans avoir m-mal ? Oh, j'en peux plus… »

Sans pouvoir en dire plus, je partis m'échouer sur le bord du chemin à quelques pas de là, profitant de l'air frais sur mes joues brûlantes. Si ma famille n'aime pas le sport, c'est peut-être parce qu'il y a une bonne raison, finalement.
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MessageSujet: Re: Mangez, bougez, qu'il disait [Manon]   Dim 23 Mar - 20:11

— Interrogation —



" Courir, c'est vraiment une chose difficile ? "
Lysandre LACHAPELLE × Manon T. LAMY




Comme chaque matin, Manon ouvrit l’œil avant même que son portable ne sonne et poussa légèrement le rideau pour apercevoir la couleur du ciel. Toujours, elle se levait en même temps que le soleil pour pouvoir apprécier ses premières lueurs. Ses yeux s'illuminèrent en même temps que son sourire, lorsqu'elle vit un ciel parfaitement dégagé. Génial ! Elle n'allait pas être obligée de mettre sa capuche et de porter ses vieilles baskets qu'elle ne gardait que pour les terrains boueux. Et ça, c'était vraiment appréciable. Le plus discrètement possible, la jeune fille sortit de ses draps pour aller jusqu'à la salle de bain sur la pointe des pieds. Ces cothurnes dormaient les poings fermés mais elles détestaient être réveillées. Elles n'appréciaient pas beaucoup Manon. Malgré tous ses efforts, la jeune apprentie n'arrivait pas à comprendre leurs centres d'intérêts : maquillage, shopping, vernis et autres "fashions tips" autant de vocabulaire qui était totalement étranger à notre petite Manon, aillant passé ses 15 années d'existences dans une famille pleine de garçons. Après une petite douche rapide, la voilà qui enfile ses belles baskets neuves, impatiente d'aller courir et de faire sa petite tournée habituelle.

Comme elle ne pouvait pas commencer à courir dans les couloirs, et se faire remarquer, Manon sortit son portable auquel elle tient beaucoup pour envoyer quelques messages à sa famille qui lui manquait terriblement. Jules avait un examen important à passer et le connaissant, il sera déjà réveillé à cette heure matinale. - Je croise les doigts pour toi, tu va tout déchirer !! Bisous - Puis satisfaite, elle envoya un autre message à sa mère, qui avec son métier de fleuriste, aller bientôt embauché. - Bonne journée ma petite maman que j'aime ♥ - Elle n'oubliait bien sûr pas le reste de sa famille, mais elle n'allait pas tout de suite les déranger. Après tout, il n'était qu'à peine six heure et demi lorsqu'elle franchit la porte du pensionnat pour commencer à trottiner. Petits sauts, premiers sprints pour se mettre en jambes, aller-retour, vérification du rythme cardiaque, premier étirement. Son père médecin lui avait montré comment bien faire pour s'échauffer et éviter les claquages. Avec toutes les années de sport qu'elle avait derrière elle, ça lui était rarement arrivé. Mais c'était certainement parce qu'elle était toujours aussi prudente. Lorsqu'elle commença à se suspendre à un arbre pour faire quelques tractions, le concierge passa devant elle pour commencer son service. Avec un sourire un peu crispé, Manon n'oubliait jamais de saluer les gens courageux qu'elle croisait le matin. " Bonjour monsieur ! Belle journée ! " Ce personnage qui n'avait pas une allure très sympathique était toujours content de la voir. Cette petite débordait d'énergie et il lui répondit par un petit signe de la main. " Toujours aussi énergique Lamy ! " Enthousiaste, elle lâche une main pour répondre à son geste, répondant avec beaucoup d'entrain. " Oui, toujours ! Bonne journée ! " Voilà un échange qui lui redonnait encore un peu plus de motivation. Pour la peine, elle ajouta dix tractions à son cota habituel.

Après avoir fait plusieurs fois son parcours habituelle, Manon décida de prolonger son effort encore un peu. Le parc l'attirait avec ses senteurs matinales et le soleil était un peu plus présent désormais. Pour se décrasser un peu de tous ses premiers efforts, un jogging lui semblait parfait. Il n'y avait pas encore grand monde, mais c'était tout de même moins silencieux. Manon poussa un petit soupir avant de reprendre son habituel sourire, fini son silence royal du matin : la journée pouvait commencer ! Le parc était vraiment un bel endroit. Nobilia dans son intégralité était une école magique à ses yeux, mais son parc, avait vraiment quelque chose d'exceptionnelle. Les jardiniers faisaient un travail extraordinaire pour faire vivre cette endroit paisible et unique en son genre. Elle pouvait passer des heures à faire des allers et retours simplement pour admirer la couleur et la senteur des nouvelles fleurs qui venaient d'éclore. Si Manon contemplait autant la nature et passait son temps à rire c'est parce qu'aussi jeune qu'elle puisse paraître, elle a déjà frôlé la mort. On l'en a sauvé de justesse et depuis, Manon a décidé de vivre chaque instant avec le plus de clairvoyance possible. Le monde qui l'entoure change. Comme elle, les plantes disparaissent pour laisser place à d'autres générations. Elle a parfaitement conscience de ce cycle et c'est pour ça, que c'est une jeune fille si déterminée et unique en son genre.

" S'il te plaît ! " Surprise, elle commença à ralentir le rythme. Une jeune fille courrait derrière elle en essayant de la rattraper. Celle-ci était habillé d'un jogging tout comme elle mais elle semblait bien essoufflé. Lorsqu'elle se plia en deux en s'interrompant, Manon fit un net demi-tour pour revenir auprès d'elle. " C-Comment tu fais ? Tu sais, pour… courir sans avoir m-mal ? Oh, j'en peux plus… " Manon pencha la tête sur le côté, très surprise lorsque la jeune fille s'écroula sur le côté du chemin, les joues rougit par l'effort. Sans montrer la moindre trace de souffrance, la petite sportive se pencha vers elle et lui sourit. " Comment je fais ? Je pense que c'est l'habitude ! Je m'entraîne tous les jours, vois-tu. " Elle ne se vantait pas le moins du monde. Elle expliquait simplement la vérité. Et pour une fois que Manon était plus grande que son interlocutrice, assise à même le sol, elle fut un peu gênée et s'assit à ses côtés, histoire d'être à la même hauteur. Elle n'aurait su dire si elles avaient le même âge. Dans tous les cas, c'était la première fois qu'elle la voyait. " Si c'est la première fois que tu coures, c'est normal de se fatiguer vite ... je crois ? " Encore plus indécise, elle essayait de comprendre celle qui venait de la solliciter. La matinée était bien avancée maintenant. Son entraînement pouvait toucher à sa fin. Pour le moment.

Manon avait effectivement un petit coup de pouce qui lui permettait de tenir plus longtemps durant ses entraînements ou durant la journée. Face au manque de sommeil ou même au manque de tonus en hiver, elle ne connaissait qu'un seul remède : le coca ! Aussi, devant la détresse de la jeune fille, Manon ne tarda pas à sortir sa bouteille, qu'elle emmenait toujours sur elle en cas de crise d'hypoglycémie. " Tu as l'air d'avoir besoin de sucre. Tiens, si tu as soif ! " Ce n'était qu'une petite bouteille assez légère et celle-ci n'était même pas entamé. Elle lui tendit en lui offrant un autre sourire enfantin. Puis elle plongea ses grands yeux bleus dans ceux de son interlocutrice. " Je m'appelle Manon Lamy ! Et je suis apprentie garde. Enchantée ! " Se présenter était toujours une chose importante et naturelle pour elle. Au moins, si elle voulait la remercier, elle savait au moins comment l'appeler ! Manon avait eu une bonne intuition ce matin : aujourd'hui allait être une superbe journée si elle faisait une belle rencontre comme celle-ci !
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MessageSujet: Re: Mangez, bougez, qu'il disait [Manon]   Lun 24 Mar - 20:02

Je ne suis pas du genre à lâcher le morceau facilement, moi, vous savez. Si tante Béatrice était là, elle pourrait vous le dire « Ah Lysandre ! Quand elle a quelque chose dans la tête, elle ne l'a pas ailleurs ! », je vois d'ici ces petits doigts boudinés s'agiter tandis qu'elle s'énerve. Aussi, j'étais très loin de vouloir abandonner la partie. Pour aujourd'hui peut-être, mais ce ne serait que pour mieux revenir, être plus préparée je cherchais déjà dans ma tête le genre de livres qui pourraient m'aider. Oui, je le reconnais, vouloir s'améliorer en sport en lisant des livres, ce n'était pas l'idée la plus brillante du monde, mais à sept heures du matin, il ne faut pas trop m'en demander non plus.

Heureusement, je n'étais pas toute seule sur le bord chemin. La garde que j'avais interpellée était revenue sur ses pas. Ça me mit un peu de baume au cœur de recevoir du soutien, même d'une parfaite inconnue, et je lui fit un sourire aussi décontracté que le permettait ma crampe au ventre. En entendant que le sport était une question d'habitude, j'eus d'abord un peu peur. Est-ce qu'il fallait s'habituer à la douleur ? Avant de me dire qu'il fallait sûrement attendre que les muscles se forment, quelque chose comme ça, ou alors personne ne ferait ça, si ? J'observais la demoiselle, de longs cheveux fins, de beaux yeux, non vraiment, elle n'avait pas une tête à aimer la douleur, les fouets, et ce genre de chose un peu incommodantes.

Malgré le fait que je n'y connaisse rien en sport, l'entendre de la bouche de quelqu'un d'autre titilla un peu ma fierté, et je ne pus m'empêcher d'avoir une moue légèrement boudeuse.

« Ça pourrait bien être la deuxième ou troisième fois que je cours… »

Silence. J'avais un peu l'impression de m'être enfoncée toute seule.

« Mais c'est la première fois, tu as vu juste. Toi, en tout cas, tu es super forte. Je t'ai vu l'autre jour faire… des trucs avec des… machins. »

Pas vraiment au point sur le vocabulaire, je lui mimais quelques-uns de ces gestes compliqués et à l'utilité obscure que font les sportifs quand ils s'entraînent. Visiblement, ça lui plu, elle se présenta et me prêta même sa bouteille de coca. Avec un merci, je la pris et bu quelques gorgées. Je n'avais même pas penser à prendre ne serait-ce qu'un peu d'eau et cela me fit du bien. Déjà en meilleure forme, je lui répondis.

« Je m'appelle Lysandre Lachapelle, je suis en première. Alors tu es apprentie ? Je me disais aussi que tu avais l'air jeune pour une garde, mais comme tu étais souvent avec eux… »

Avec un sourire, je pris quelques gorgées de plus avant de lui rendre la bouteille.

« Merci, ça va déjà mieux. Ça a un drôle de goût, quand même, le "coca", je ne dois pas avoir l'habitude. Chez moi il n'y a que des limonades à l'ancienne, et encore, pas très souvent. Je t'en ferais goûter un de ces quatres, si tu veux. »

Je crois que j'avais à peu près perdu toutes mes rougeurs dûes à l'effort maintenant, et il ne restait qu'une certaine bonne humeur sur mon visage, comme si je n'avais pas été au bord de la mort quelques instants plus tôt. C'est ça d'être jeune, on se remet vite. Et ne plus avoir à chercher désesérement de l'air me permettait de bavarder librement.

« Alors tu fais du sport ? Je veux dire du basket, ou de la lutte ? Parce que le jogging, je suppose que c'est un complément ? J'aimerais bien faire du sport comme ça, mais je n'ai pas beaucoup de talent là-dedans, comme tu vois. »

Elle devait le penser aussi, après tout elle avait vu tout de suite que ce n'était que ma première fois – oui, je suis toujours vexé. Et puis, vu son niveau, forcément, s'écrouler par terre après quelques minutes de course, ça devait tout de même la faire sourire intérieurement.
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MessageSujet: Re: Mangez, bougez, qu'il disait [Manon]   Sam 29 Mar - 13:30

-Plaisir de sourire-



" Si je peux t'aider, je le ferais ! "
Lysandre LACHAPELLE × Manon T. LAMY




" Je m'appelle Lysandre Lachapelle, je suis en première. Alors tu es apprentie ? Je me disais aussi que tu avais l'air jeune pour une garde, mais comme tu étais souvent avec eux… " Lysandre, c'était peu commun mais très jolie. Elle se répéta son nom plusieurs fois dans sa tête pour être sûr de bien le retenir. Avoir été prise pour une vrai garde la fit rire. " C'est drôle que tu m'es prise pour une garde ! Je ne suis qu'en seconde pourtant. Mais dans un sens ça me fait plaisir. " La jeune fille commençait à parler un peu plus librement. Le preuve c'était qu'elle lui avait confié sa bouteille de coca secrète, qu'elle préfère d'ordinaire garder pour elle. Elle semblait avoir un bon feeling avec elle, bien qu'elle soit plus âgé et son nom "Lachapelle" pouvait parfaitement sonner comme un nom de noble. Le fait qu'elle soit venue lui demander conseil intriguait beaucoup notre jeune Manon. En plus, c'était la première fois qu'elle rencontrait une fille plus âgé de sa taille. D'habitude, elle était toujours la plus petite. Ce n'était qu'un détail, mais ça avait le don de lui inspirer confiance.

" Merci, ça va déjà mieux. Ça a un drôle de goût, quand même, le "coca", je ne dois pas avoir l'habitude." Manon ouvrit de grands yeux suite à cette remarque. Quelqu'un qui ne buvait jamais de coca ?! Ça existe ?! " Chez moi il n'y a que des limonades à l'ancienne, et encore, pas très souvent. Je t'en ferais goûter un de ces quatre, si tu veux. " Un autre sourire vint éclairer son visage suite à cette remarque. Une invitation ? Pour de vrai, de vrai ? C'était tout bonnement incroyable. Elle n'osait y croire. Elle s'empressa cependant de rompre son mutisme lié à l'émotion pour répondre à cette Lysandre décidément surprenante. " Vraiment ? Tu m'inviterais chez toi ?! Enfin... je veux dire : oui j'aimerais beaucoup y goûter ! En plus, j'aime bien la limonade. " Elle savait pertinemment que ses cris d'enthousiasme n'était pas du tout discret et comme des élèves commençaient à se promener dans le parc et c'était retourné quand elle avait ouvert la porte, Manon avait essayé d'attirer un peu moins l'attention en parlant moins fort. Ces excès de joie sont coutumiers pour les personnes de sa classe. Mais elle ne voulait surtout pas effrayé la jeune fille avec qui elle était en train de faire connaissance. Mais apparemment, son attitude ne la choquait pas et elle continua la conversation très naturellement. Manon cache un mini soupir de soulagement derrière sa main. " Alors tu fais du sport ? Je veux dire du basket, ou de la lutte ? Parce que le jogging, je suppose que c'est un complément ? J'aimerais bien faire du sport comme ça, mais je n'ai pas beaucoup de talent là-dedans, comme tu vois. " A cette dernière phrase, Lyssandre afficha une petite mine boudeuse. Mais pourquoi ? La jeune apprentie pencha la tête sur le côté, son corps exprimant de lui-même son incompréhension. Puis après quelques secondes, elle comprit d'où cela pouvait bien venir. Elle répondit en s'appliquant à parler normalement, reprenant son souffle pour calmer son cœur qui s'emballait facilement dans ce genre de situation. Parler à une fille qui semblait l'accepter aussi facilement était vraiment la source d'un grand bonheur. Depuis la rentrée, Manon ne semblait pas particulièrement être appréciée par tous ses élèves de "la haute" puisqu'elle s'assumait pleinement et pour une fille de son âge et de son rang, ce n'était pas apparemment pas normal. Quand on était une "prolétaire" à Nobilia il fallait faire profil bas. C'est parce qu'elle n'avait pas compris cette règle qu'elle se faisait beaucoup rejeté, particulièrement par les filles de son âge.

" Mais le sport ne nécessite pas de talent particulier voyons ! Il suffit d'être motivée et persévérante. C'est toujours ce que mon frère Logan me répétait. Mon niveau je l'ai acquis grâce à ma grande volonté ! Même si je suis contente que tu me fasses des compliments, il ne faut pas que tu te dévalorises Lyssandre... tu peux parfaitement y arriver aussi ! " Remonter le morale des autres étaient une autre grande qualité de Manon. Elle pouvait sentir quand ça n'allait pas. Puis soudainement, elle eut une idée. " Je sais ! Je peux devenir ta coatch si tu veux ? On se retrouvera plusieurs fois par semaine et comme ça, tu progresseras vite : j'en suis persuadée ! " Le sport était une grande source de motivation pour Manon. Si elle pouvait transmettre sa passion à quelqu'un, ce serait une vraie mission pour elle. Elle lui offrit son plus beaux sourires et ses yeux bleus pétillaient déjà d'enthousiasme. Pour encourager Lyssandre a répondre positivement, elle lui exposa rapidement son CV : " Je m'y connais en sport. Après tout, j'ai fait huit ans de gymnastique avant d'essayer le judo ou l'escrime. J'ai essayé la danse aussi, mais c'était vraiment pas mon truc... Puis à 12 ans j'ai pu entré chez les jeunes sapeurs pompiers ! J'ai déjà gagné quelques cross nationaux et j'ai plein d'astuces pour courir longtemps ! Je suis sure qu'on va pouvoir y arriver ! Je vais te transmettre toutes mes techniques pour que tu aimes le sport autant que moi ! "

Il y avait décidément beaucoup d'enthousiame en Manon. Certain dirait même qu'elle en fait trop. Durant son discours, elle avait pris les mains de la jeune fille et lui parlait droit dans les yeux. Quand elle finit son monologue, elle se rendit compte de la situation et lâcha ses mains, soudainement un peu gênée par son emportement. Peut-être qu'elle lui avait fait peur après tout ? Ne sachant jamais dosé ses émotions, elle avait pourtant conscience que ça pouvait perturber les autres. Elle baissait maintenant les yeux, rouge, attendant une réponse satisfaisante... ou pas. Au moins elle aurait essayé ! Sa devise, c'est de surtout ne jamais avoir de regret. Alors quand une bonne âme lui demandait son aide, Manon faisait toujours tout pour donner satisfaction. Être rejetée était une option, mais elle ne faillirait pas. De toute façon, elle avait assez de motivation pour deux.
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Mangez, bougez, qu'il disait [Manon]

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